Pendant les campagnes électorales, la course aux économies continue. Dernière victime en date, les radiologues dont les tarifs sont appelés à baisser. L’assurance-maladie en attend une réduction des coûts estimés à près de 50 millions d’euros. Ce coup de rabot est justifié selon l’assurance-maladie par la forte progression du volume des actes, à savoir +4 % en 2015 et +2,8 % en 2016.
Baisse des forfaits IRM et TEP de 2 %
Faute d’accord avec les professionnels, cette décision unilatérale est autorisée par l’article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale 2017. Cette baisse est programmée en deux temps. Dès la mi-février, les forfaits versés aux exploitants des IRM scanners et TEP sont réduits de 2 %. Ils contribuent à la prise en charge des coûts d’amortissement et de fonctionnement des appareils high tech. Une économie de 16 millions d’euros est attendue par l’assurance-maladie.
Nouvelle majoration
La seconde salve sera tirée en avril. La majoration pour acte de radiographie réservée aux seuls radiologues dit « modificateur Z » fixée à ce jour à 21,8 % sera remplacée par une nouvelle majoration Y. D’un taux plus bas fixé à 15,8 %, elle sera en revanche versée à d’autres spécialistes comme les pneumologues ou les rhumatologues qui réalisent des examens de radiographie. Cette mesure devrait générer à elle seule 34 millions d’euros.
Impact modéré selon l’assurance maladie
L’impact pour les radiologues est modéré, justifie l’assurance maladie. Les sommes en jeu représentent 1,2 % sur le montant versé au secteur. « Pas d’accord », rétorque l’ensemble des professionnels concernés. La Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) a été la première à monter au créneau. Et a mis en avant les spécificités de la discipline, « mariage d’une compétence humaine et d’une haute technologie ». La FNMR rappelle que tous les acteurs sont frappés, les radiologues libéraux comme les structures hospitalières. Mais au-delà des professionnels, les patients à terme en mesureront les conséquences. « Suite à cette décision, combien de nouvelles fermetures de cabinets d’imagerie médicales, Combien de cabinets d’imagerie médicale cesseront d’investir faute de moyens ? Mais surtout combien de patients ne pourront plus accéder rapidement à un scanner, une IRM ou un TEP pour obtenir un diagnostic parfois vital et commencer un traitement rapidement ? Le Snitem a rapidement rejoint la FNMR et dénonce une vision court-termiste et « strictement budgétaire » de l’imagerie. D’où la demande des entreprises de l’imagerie de lancer une réflexion d’ensemble sur les enjeux de la discipline.
Les médecins libéraux se mobilisent
Enfin, l’Union nationale des médecins spécialistes conférés, une branche de la CSMF, appelle à l’expression de la solidarité de tous les médecins libéraux. Aujourd’hui, les radiologues sont dans la ligne de mire de l’assurance-maladie. Mais demain quelle sera la spécialité suivante ?
Cet appel sera-t-il entendu par les médecins libéraux ? En attendant, cette chute de recettes non programmée risque de provoquer une inflation du nombre de radiographies. Entre baisse des tarifs et course à l’acte, cette dynamique infernale paraît bien difficile à maîtriser.
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