Comment le microbiote interagit-il avec les médicaments oraux ? Alors que les bactéries intestinales peuvent en réduire l’efficacité, les chercheurs de l’université de Pittsburgh et de Yale se sont penchés sur les molécules ciblant les récepteurs couplés aux protéines G (RCPG), un mécanisme retrouvé dans environ 30 à 40 % des produits pharmaceutiques.
L’équipe a testé in vitro pour chacun de 127 médicaments ciblant les RCPG l’effet d’un mélange synthétique d’une trentaine de souches bactériennes communément retrouvées dans le microbiote. Les transformations conventionnelles et non conventionnelles ont été analysées, ainsi que les activités correspondant aux métabolites générés. Les résultats sont publiés dans Nature Chemistry.
Les récepteurs couplés aux protéines G (RCPG) sont des protéines membranaires ayant une structure à 7 domaines transmembranaires chargés de reconnaître des messages externes (lumière, odeurs etc.) ou internes (hormones, neurotransmetteurs). « Le succès évolutif de ces protéines a été considérable, le “bricolage évolutif” a généré des structures capables de reconnaître des messages très différents tels les photons, le Ca2+, des petites molécules comme la sérotonine ou des grosses protéines comme les hormones glycoprotéines », indiquait l’Académie de médecine dans une communication orale. Aux États-Unis, les médicaments ciblant les RCPG dépassent les 400 molécules autorisées dans des pathologies très variées (migraine, diabète de type 2, dépression, etc.).
Un métabolisme parfois très prononcé
Dans leurs expérimentations, l’équipe a observé que 30 des 127 médicaments testés étaient métabolisés, dont 12 fortement, ce qui implique que les concentrations des médicaments originaux sont très diminuées en raison de leur transformation en d’autres composés.
Les chercheurs se sont ensuite focalisés sur l’un des médicaments fortement métabolisés, l’ilopéridone, un antipsychotique utilisé outre-Atlantique dans la schizophrénie et les troubles bipolaires. Il ressort qu’une souche en particulier, Morganella morganii, inactive la molécule en le transformant en d’autres composés, à la fois in vitro et chez la souris.
« Comprendre comment les médicaments ciblant les RCPG interagissent avec le microbiote intestinal humain est déterminant pour avancer des initiatives de médecine personnalisée, indique Qihao Wu, chercheur à l’université de Pittsburgh. Cette recherche pourrait ouvrir des pistes pour développer des médicaments et optimiser la thérapeutique (…) de manière individuelle ». Leur approche pourrait également permettre de mieux comprendre les interactions entre bactéries et composés alimentaires, les chercheurs ayant montré que le microbiote permet d’inactiver des composés chimiques du maïs délétères pour la barrière intestinale.
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