Fibrillation atriale : la metformine bénéfique en prévention des récidives après ablation

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Publié le 20/11/2025
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Des résultats préliminaires indiquent que la metformine réduit les récidives de fibrillation atriale après ablation chez les sujets en surpoids ou en obésité non diabétiques à 1 an.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

La metformine réduit les épisodes d’arythmie chez les adultes en surpoids ou en obésité non diabétiques après ablation pour fibrillation atriale (FA), selon des travaux présentés au congrès de l’American Heart Association. À 1 an, les participants sous metformine étaient plus susceptibles de ne pas présenter d’épisodes de FA que ceux n’en prenant pas.

« La perte de poids n'a pas été considérée comme la principale raison de l'efficacité de la metformine, car le changement de poids chez les personnes prenant ce médicament était modeste », précisent les auteurs. Ces derniers estiment ainsi que de futures études pourraient comparer la metformine à d'autres médicaments contre le diabète – ayant des bénéfices cardiovasculaires – dans le traitement des adultes en obésité avec FA.

« Les efforts visant à modifier le mode de vie et les facteurs de risque sont essentiels pour traiter la FA et, selon les résultats préliminaires de notre étude, pourraient être facilités par la prise de metformine », a déclaré le Pr Amish Deshmukh, auteur principal de l'étude et professeur adjoint de médecine clinique à l'université du Michigan (États-Unis) lors du congrès de l’AHA qui s’est tenu du 7 au 10 novembre 2025 à la Nouvelle Orléans (États-Unis).

L'obésité est un facteur de risque de FA, et les épisodes récurrents d'arythmie cardiaque après ablation sont plus fréquents chez ces patients. Des recherches antérieures avaient montré que, dans des populations adultes atteintes de diabète et en obésité, ceux traités par metformine - pour le contrôle de la glycémie et du poids - présentaient un risque moindre de FA par rapport à ceux qui prenaient d'autres antidiabétiques. De surcroît, dans des études précliniques, la metformine a révélé un effet direct sur les cellules cardiaques et a réduit les rythmes cardiaques irréguliers.

Seulement 6 % de nouvelle ablation dans le groupe metformine contre 16 %

L'étude monocentrique Meta-AF (Metformin as an Adjunctive Therapy to Catheter Ablation of Atrial Fibrillation) a inclus 99 adultes en surpoids (30 %) ou en obésité (70 %) non diabétiques atteints de FA ayant subi une thermoablation de FA (âge moyen 63 ans, 70 % d’hommes). Ils ont été randomisés pour recevoir, soit des soins standards (conseils hygiéno-diététiques) et un traitement par metformine (n = 49), soit des soins standards seulement (n = 50). Tous les participants prenaient des anticoagulants.

À 1 an, les auteurs ont observé que 78 % des patients du groupe metformine n’ont présenté aucun épisode de FA d’une durée supérieure ou égale à 30 secondes contre 58 % du groupe contrôle et ils étaient seulement 6 % dans le groupe metformine à devoir subir une nouvelle ablation ou un choc électrique externe pendant un épisode de FA (contre 16 % dans le groupe contrôle). Un traitement antiarythmique a été initié après l’ablation chez 8 % du groupe metformine et 18 % du groupe contrôle. Les variations de poids ont été minimes chez tous les participants, « ce qui correspond aux études antérieures sur l'utilisation de la metformine chez les personnes non diabétiques », précisent les auteurs. Le Dr Deshmukh rapporte enfin un nombre important d’arrêts de traitement (24,4 %), « en raison d’effets secondaires ou parce que les personnes disaient se sentir bien ou ne pas vouloir rajouter un médicament ».

Ainsi, « le traitement par metformine chez les personnes en obésité qui ne sont pas diabétiques et qui ont une ablation de FA semble réduire le risque de récidive de FA ou d'arythmie auriculaire après une seule intervention », concluent les scientifiques.


Source : lequotidiendumedecin.fr