« En temps d'épidémie, la recherche fait partie de la réponse. Notre idée était lors de l'épidémie de H1N1 d'améliorer cette réponse », explique le Pr Yasdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat (AP-HP) et président du consortium Reacting, créé en 2013 après l'épidémie de Chikungunya pour coordonner l'action des différents laboratoires en période de crise sanitaire de ce type. « Aucun traitement connu n'est efficace pour l'instant. L'ensemble des traitements l'ont été dans les tubes, mais jamais chez l'Homme. Alors qu'on a vraiment besoin d'un traitement. »
4 bras d'intervention
D'où le lancement d'un essai clinique avec quatre bras d'intervention. Trois traitements seront inclus. D'abord, « on fera les choses habituelles comme l'oxygène, la ventilation, etc ». Ensuite, le second traitement, antiviral injectable, se fera à base du remdesivir des laboratoires Gilead, initialement développé pour traiter Ebola. Le troisième traitement sera le Kaletra® couramment utilisé dans le VIH par les laboratoires Abbvie. Enfin, puisqu'un antiviral peut ne pas suffire, le quatrième traitement associera le Kaletra® et un interféron bêta (Merck). Quant à la chloroquine défendue par le Pr Didier Raoult, il n'a pas été retenu dans l'essai, à cause des intéractions médicamenteuses et des effets secondaires se produisant surtout sur les patients en réanimation.
L'essai qui devrait débuter très rapidement, au plus tard à partir de mi-mars, concernera 3 200 patients hospitalisés, dont 800 en France, tous atteints de forme sévère de la maladie. « Les traitements seront adaptatifs, c'est-à-dire si l'un d'entre eux ne fonctionne pas, on l'arrête et si on trouve un autre qui marche, ce dernier sera alors inclus dans l'essai », ajoute le Pr Yasdan Yazdanpanah.
8 millions d'euros
Côté finances, l'Etat avait déjà débloqué 2,5 millions d'euros début février. En lien étroit avec l'Inserm et REACting, 5,5 millions d'euros supplémentaires sont débloqués par les deux ministères, portant l'effort global de recherche sur le Covid-19 à 8 millions d'euros.
Outre l'essai clinique, cette enveloppe permet de financer 20 projets de recherche suite à un appel à candidatures auprès de toutes les équipes de recherche. Quatre grandes thématiques scientifiques de projets ont été retenues, parmi lesquelles la visée diagnostique, clinique et thérapeutique, l'épidémiologie, la recherche fondamentale et les sciences humaines et sociales.
Test sérologique
Par exemple, le projet visant à développer un test sérologique et permettant de savoir si un individu a été infecté par le passé, pourrait être appliqué à la banque de données de l'Etablissement français du sang. En ayant connaissance ainsi du taux de pénétration réel du virus dans la population française, on saura plus précisément son taux de létalité.
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