Les hightech se substitueront-t-ils demain aux biotechs dans la lutte contre le cancer ? Les communiqués se sont multipliés au cours des derniers mois en provenance de Microsof, d’IBM ou de Google. Effet d’annonce ou changement de paradigme ? Le grand remplacement serait-il en cours en oncologie avec des ingénieurs en première ligne ? Ce ne serait plus l’ubérisation de la médecine mais désormais celle de la biologie opérée par la Silicon Valley. Les ambitions affichées en tout état de cause sont fortes. Microsoft révèle le 20 septembre dernier le lancement d’un programme à destination des cellules. Avec pour objectif la programmation de la biologie à l’image de celle réalisée au quotidien avec les ordinateurs. En cas de succès, la percée changerait la donne dans le cancer. Outre ce plat de résistance, la firme fondée par Bill Gates annonçait le même jour comme hors d’œuvre l’optimisation de la lecture des radios de tumeur et une analyse personnalisée des big datas au bénéfice du patient. Afin de crédibiliser ces annonces, une étude avait été publiée dans le Journal of Oncology Practice quelques semaines plus tôt. Il serait désormais possible de diagnostiquer un adénocarcinome du pancréas uniquement à partir des requêtes postées sur Bing, le moteur de recherche de Microsoft. Cerise sur la gâteau, le taux de faux-positifs serait extrêmement faible. DOI: 10.1200/JOP.2015.010504 Journal of Oncology Practice 12, no. 8 (August 2016) 737-744.
Fin août, c’était au tour de Google Deep-Mind d’annoncer un partenariat avec le département de radiothérapie des hôpitaux londoniens. Sont ici visés les cancers de la tête et du cou. Le géant américain avance toutefois à petits pas. Et parle de recherche exploratoire. Le gain pour les médecins se traduirait par un processus automatisé de la segmentation, à savoir une cartographie accélérée des zones à traiter.
Enfin, le programme Watson d’IBM ne relève pas de la science-fiction. Il est appliqué au quotidien dans plusieurs hôpitaux américains.
De ce côté-ci de l’Atlantique, un google 3.0 du cancer a été lancé sous l’égide de l’Institut Curie. En concurrence avec Watson le robot intelligent, et sans les mêmes moyens, il devrait aider au repérage de maladies rares.
Faut-il avoir peur de cette révolution en marche ? En mai dernier, le magazine New Scientist avait révélé comment Google Deep-Mind avait eu accès aux dossiers médicaux de 1,6 million de patients sans avoir été au préalable informés.
Où commence le business et où s’arrête l’éthique ?
Dans le même temps, la polémique sur le prix des médicaments ne cesse de gonfler. « Chaque petite avancée ne doit pas représenter un jackpot financier pour un laboratoire », souligne Muriel Dahan (Institut national du cancer). Pour autant, l’enveloppe dévolue aux médicaments n’a pas explosé. La mise en place d’un montant global à ne pas dépasser (700 millions pour l’hépatite C en 2016, 600 millions en 2016 en dépit d’une prise en charge universelle) explique ce résultat. « On est passé d’une fixation du prix individuel à une forfaitisation pour une pathologie donnée. C’est une vrai avancée », décrypte Muriel Dahan. Tout risque de rationnement a donc été écarté. Mais des menaces persistent. La radiation de l’Avastin® pour certaines indications de la liste en sus est à l’origine d’une première en France avec la « recommandation » aux médecins de ne plus le prescrire, en concertation entre les directions et les CME. D’autres radiations seraient programmées dans les prochains mois. Le cancer 3.0 annonce-t-il une année 2017 de tous les dangers ?
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