Lancée il y a un an, la "concertation citoyenne et scientifique" sur le dépistage du cancer du sein va déboucher sur une réforme du dispositif. Le programme de dépistage organisé va faire l'objet d'une "rénovation profonde", a en effet annoncé lundi le ministère de la Santé. Le dépistage devrait devenir "plus personnalisé" et les femmes devraient être mieux informées des avantages et des inconvénients, a expliqué dans un communiqué le ministère, qui précisera les modalités de cette refonte "à la fin de l'année".
Cette nouvelle orientation intervient, suite à la remise début septembre d'un rapport qui met en doute les bénéfices du dépistage systématique tel qu'il est pratiqué aujourd'hui. Le comité d'orientation de cette concertation citoyenne préconise en effet l'"arrêt du dépistage organisé tel qu'il existe aujourd'hui" et la "mise en place d'un nouveau dépistage organisé, profondément modifié". Apparemment, certains membres de ce comité réclamaient même l'arrêt pur et simple du programme de dépistage organisé, pour laisser les médecins décider au cas par cas de la pertinence d'une mammographie, selon les conclusions de ce rapport, rendu public lundi par le ministère.
Sur la base de ce rapport, l'Institut national du cancer (INCa) a envoyé un courrier le 16 septembre à Marisol Touraine. L'institut conclut qu'un abandon pur et simple du programme serait "très risqué, générateur d'inéquités et de pertes de chance". En revanche, il propose à la ministre d' "engager la rénovation" du programme de dépistage, "en l'inscrivant dans une logique plus individualisée du parcours de santé, prenant appui sur le médecin généraliste". Il juge aussi nécessaire de donner aux femmes "une information complète, fiable et neutre, pour leur permettre de prendre une décision éclairée".
L'INCa prône également un remboursement à 100% de l'échographie comme outil de dépistage complémentaire à la mammographie, pour "supprimer les freins financiers qui demeurent". Il encourage enfin à mieux "mesurer l'impact" du programme de dépistage et à "soutenir" la recherche pour mieux reconnaître les anomalies susceptibles d'évoluer rapidement ou de se transformer en cancer agressif, et ainsi "mieux maîtriser le sur-traitement" lorsque ce n'est pas le cas.
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